06/12/2008

Et pour eux aussi

 

Saint Nicolas est passé chez nous plus tôt que
prévu mais c'est pour le plaisir de les voir
dormir ainsi sur les hamacs pendus aux radiateurs...

Copie de novembre 08 D 134

Titus et Amon de la Tour d'Opale

Copie de 22 novembre 08 D 044

Merci Saint Nicolas de penser à tous les animaux qui ont froid

Carte 2006

 

 

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31/10/2008

Les Sorciers de Bihain

 

Les sorciers de Bihain

 

  La grande Thérèse, une étrange femme, passait pour être sorcière. Paralytique, son mari subissait peut-être l’effet boomerang d’un mauvais sort jeté ; il arrive que le mal atteigne un proche. Le dénommé Henri était venu rendre visite à Thérèse, et bavardait avec son mari en l’attendant. Comme le handicapé sommeillait, le visiteur ouvrit un livre et lut sans comprendre. Des chats noirs apparurent aussitôt, firent un vacarme effrayant.

  Lorsque la femme rentra, elle se fâcha : « Puisque vous avez commencé, continuez ! » grogna-t-elle, en montrant du doigt le passage qu’elle imposa à l’imprudent.

  Terrifié, celui-ci obéit et les chats disparurent à la queu leu leu dans le bois de Cedrogne, vers Pisserotte. Le dénommé Henri se garda bien de retourner chez Thérèse. Il en parla à sa nièce qui, longtemps après la mort de son oncle, raconta l’affaire.

  Quant à Thérèse la sorcière, elle quitta le village et mourut octogénaire en 1896, à Ougrée.

  La commune de Bihain, avec ses 1.400 habitants, comptait alors six sections : Bihain, Fraiture, Hébronval, Regné, Petites Tailles et Ottré. C’est dans cette dernière que ce déroula l’histoire que voici et dont l’abbé Didier*  est le véritable héros.

  Il faut savoir que dans les villages d’Ottré, ordinairement paisible, deux familles s’en voulaient à mort. C’est bien ce qui arriva et il y eu mort d’homme. L’assassin se résolut à pactiser avec l’enfer et ses suppôts, afin de se rendre invisible. Il contacta cinq vieux makrês de la contrée, et ceux-ci lui assurèrent la chose. C’est qu’ils connaissaient la recette de l’Agrippa, laquelle portait le nom d’un célèbre sorcier né à Cologne en 1486, et mort dans un hôpital de Grenoble en 1533.

  Après avoir saisi, de nuit et à la course, un chat noir vierge de tout poil blanc, ils se réunirent chez l’un d’eux et commencèrent la cuisson de la bête. Il fallait l’enfermer dans un pot, maintenir le couvercle de celui-ci avec une chaîne, et surtout, la cuisson devait se faire à sec et jusqu’à ce qu’il ne restât que les os. Un des sorciers faisait le guet . Soudain, arriva l’abbé Didier. Une multitude de corbeaux remplirent la pièce et firent un vacarme infernal. Comme affamés, les oiseaux se ruèrent sur le chaudron avec furie. Ensuite, l’abbé fit répandre une paillasse de paille d’avoine dans la prairie, et exorcisa.

 

* Originaire de Mabompré, l’abbé Didier administra la paroisse d’Ottré pendant 47 ans(1830-1877)

 

Recette de l’Agrippa

 

  Vous volerez un chat noir, et achèterez un pot neuf, un miroir, un briquet, une pierre d’agate, du charbon et de l’amadou observant d’aller prendre de l’eau, au coup de minuit, à une fontaine.

  Après quoi, vous allumez votre feu ; mettez le chat dans le pot et tenez-le de a main gauche sans jamais bouger, ni regarder derrière vous, quelque bruit que vous entendiez.

  Après l’avoir fait bouillir vingt-quatre heures, vous le mettrez dans un plat neuf ; prenez la viande et la jetez par-dessus l’épaule gauche, en disant : « Accipe quod tibi do, et nihil amplius ».

  Puis, vous mettez les os, un à un, sous les dents du côté gauche, en vous regardant dans le miroir ; et si ce n’est pas le bon, vous le jetterez de même, en disant les mêmes paroles jusqu’à ce que vous l’ayez trouvé ; et sitôt que vous ne vous verrez plus dans le miroir, retirez vous à reculons, en disant : « Pater, in manus tuas commendo spiritum meum ».

  Dans « les travailleurs de la mer », Victor Hugo précise qu’une fleur de lys apparaissait naturellement sur une partie du corps des élus, lesquels étaient des guérisseurs et non des êtres diaboliques. On en trouvaient en Wallonie, en Normandie et dans la Creuse.

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16/09/2008

Les Chats-Sorciers et les Bossus

 

Les Chats-Sorciers et les Bossus

 

Il y avait une jadis à Plévenon des chats-sorciers qui se réunissaient tous les soirs, à la croix du Meurtel, auprès de Château-Serin, ou à la croix de Gouéhas, sur la lisière de la Lande de Fréhel.

Ils dansaient en rond autour des croix en répétant toujours les deux mêmes mots :

 

Lundi, Mardi;

Lundi, Mardi;

 

Un bossu qui passa un soir auprès d'eux, entendant leur chanson, voulu l'allonger un peu et il cria :

 

Lundi, Mardi, Mercredi.

 

Et les chats-sorciers, tout joyeux, se mirent à répéter :

 

Lundi, Mardi, Mercredi.

 

Quand ils eurent dansé quelque temps, ils demandèrent les uns aux autres qui avait enrichi leur refrain :

"C'est moi, répondit le bossu, en quittant le fossé où il s'était caché.

- Ah! dirent les chats-sorciers, que ferions nous bien pour récompenser cet homme du service qu'il vient de nous rendre?

- Il faut, répondirent plusieurs voix, lui ôter sa bosse."

Les chats-sorciers applaudirent à cette proposition. En un clin d'oeil, cela fut accompli, et le bossu s'en retourna chez lui sans sa bosse, et aussi droit que s'il avait avalé une baïonnette.

Un autre homme de Plévenon qui avait sur le dos une grosse bosse dont il était bien marri, ayant entendu parler du service que les chats-sorciers avaient rendu au ci-devant bossu, vint le trouver et lui demanda comment il avait été rendu droit comme un mât de navire.

L'autre lui indiqua volontiers comment la chose était arrivée, et le bossu se rendit auprès de la croix.

Il y avait à peine une heure qu'il y était arrivé lorsqu'il vit les chats-sorciers qui marchaient sur deux rangs en répétant toujours les mêmes paroles :

 

Lundi, Mardi, Mercredi.

Lundi, Mardi, Mercredi.

 

Au moment où ils passaient près de lui, il cria :

 

Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi,

 

comme on lui avait recommandé de dire; les chats-sorciers répétèrent ces paroles, mais, s'apercevant que ce nouveau refrain ne s'accordait pas avec l'autre, ils sautèrent sur le bossu, et pour se venger, ils lui placèrent sur la poitrine la bosse qu'ils avaient ôtée à son voisin.

Et le malheureux s'en retourna chez lui semblable à Polichinelle, bossu par-derrière et bossu par-devant.

 

 

Conté en 1880, par Elie Ménard de PLévenon  

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12/07/2008

Nouvelle rubrique

 Le Chêne à chats

Ceux que l’on appelait les « témoins du démon » - avec une majuscule, car le Malin semblait presque aussi fort que Dieu -, ceux-là donc, se réunissaient au lieu-dit Noir Dieu. L’endroit était appelé ainsi, non seulement à Gilly, où des coalitions s’organisaient en confréries que présidait une Dame Sorcière à la Jarretière ; mais il en était de même à Monceau-sur-Sambre et à Marchienne. Là où la justice faisait périr les sorciers, les voleurs et les assassins, les adeptes du sabbat rendaient hommage à leurs compagnons disparus. Criaient vengeance, peut-être. En tout cas, personne n’aurait aimé se trouver dans les parages.

 

 A Soleilmont, les sorcières commençaient par se dénuder entièrement. Sous la lune, puisque c’était le soir. Mais des soleils intérieurs les possédaient, ceux du Démon. Elles s’enduisaient toutes les articulations du corps d’une pommade magique : de la graisse de chat ou d’enfant mort sans baptême et déterré du cimetière. Puis, c’était l’envol !…Elles se rendaient au lieu de rendez-vous en chevauchant un balai, et en entonnant une incantation magique.

 

  A Courcelles, un autre endroit que le Noir Dieu jouissait d’une réputation tout aussi sulfureuse : le Chêne à Chats. Avant de s’appeler ainsi, l’arbre avait eu pour nom : « al chambre ».Une chapelle veillait alors sur le vénérable chêne, qui possédait le pouvoir d’exorciser et de chasser les démons. Il suffisait de détacher un morceau de l’arbre et de réciter les prières adéquates. A la longue, le chêne fut comme amputé et une sorte de chambre creusa son tronc. D’où sa première appellation.

  Et puis, par déformation populaire, il devint le Chêne à Chats. C’était plus convaincant  et explicite. Chats et sorcières ont toujours fait bon ménage. Y signaient-ils leur pacte avec le diable, ou se contentaient-ils d’y faire leurs griffes ?…

16 novembre 06 039

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