31/10/2008

Les Sorciers de Bihain

 

Les sorciers de Bihain

 

  La grande Thérèse, une étrange femme, passait pour être sorcière. Paralytique, son mari subissait peut-être l’effet boomerang d’un mauvais sort jeté ; il arrive que le mal atteigne un proche. Le dénommé Henri était venu rendre visite à Thérèse, et bavardait avec son mari en l’attendant. Comme le handicapé sommeillait, le visiteur ouvrit un livre et lut sans comprendre. Des chats noirs apparurent aussitôt, firent un vacarme effrayant.

  Lorsque la femme rentra, elle se fâcha : « Puisque vous avez commencé, continuez ! » grogna-t-elle, en montrant du doigt le passage qu’elle imposa à l’imprudent.

  Terrifié, celui-ci obéit et les chats disparurent à la queu leu leu dans le bois de Cedrogne, vers Pisserotte. Le dénommé Henri se garda bien de retourner chez Thérèse. Il en parla à sa nièce qui, longtemps après la mort de son oncle, raconta l’affaire.

  Quant à Thérèse la sorcière, elle quitta le village et mourut octogénaire en 1896, à Ougrée.

  La commune de Bihain, avec ses 1.400 habitants, comptait alors six sections : Bihain, Fraiture, Hébronval, Regné, Petites Tailles et Ottré. C’est dans cette dernière que ce déroula l’histoire que voici et dont l’abbé Didier*  est le véritable héros.

  Il faut savoir que dans les villages d’Ottré, ordinairement paisible, deux familles s’en voulaient à mort. C’est bien ce qui arriva et il y eu mort d’homme. L’assassin se résolut à pactiser avec l’enfer et ses suppôts, afin de se rendre invisible. Il contacta cinq vieux makrês de la contrée, et ceux-ci lui assurèrent la chose. C’est qu’ils connaissaient la recette de l’Agrippa, laquelle portait le nom d’un célèbre sorcier né à Cologne en 1486, et mort dans un hôpital de Grenoble en 1533.

  Après avoir saisi, de nuit et à la course, un chat noir vierge de tout poil blanc, ils se réunirent chez l’un d’eux et commencèrent la cuisson de la bête. Il fallait l’enfermer dans un pot, maintenir le couvercle de celui-ci avec une chaîne, et surtout, la cuisson devait se faire à sec et jusqu’à ce qu’il ne restât que les os. Un des sorciers faisait le guet . Soudain, arriva l’abbé Didier. Une multitude de corbeaux remplirent la pièce et firent un vacarme infernal. Comme affamés, les oiseaux se ruèrent sur le chaudron avec furie. Ensuite, l’abbé fit répandre une paillasse de paille d’avoine dans la prairie, et exorcisa.

 

* Originaire de Mabompré, l’abbé Didier administra la paroisse d’Ottré pendant 47 ans(1830-1877)

 

Recette de l’Agrippa

 

  Vous volerez un chat noir, et achèterez un pot neuf, un miroir, un briquet, une pierre d’agate, du charbon et de l’amadou observant d’aller prendre de l’eau, au coup de minuit, à une fontaine.

  Après quoi, vous allumez votre feu ; mettez le chat dans le pot et tenez-le de a main gauche sans jamais bouger, ni regarder derrière vous, quelque bruit que vous entendiez.

  Après l’avoir fait bouillir vingt-quatre heures, vous le mettrez dans un plat neuf ; prenez la viande et la jetez par-dessus l’épaule gauche, en disant : « Accipe quod tibi do, et nihil amplius ».

  Puis, vous mettez les os, un à un, sous les dents du côté gauche, en vous regardant dans le miroir ; et si ce n’est pas le bon, vous le jetterez de même, en disant les mêmes paroles jusqu’à ce que vous l’ayez trouvé ; et sitôt que vous ne vous verrez plus dans le miroir, retirez vous à reculons, en disant : « Pater, in manus tuas commendo spiritum meum ».

  Dans « les travailleurs de la mer », Victor Hugo précise qu’une fleur de lys apparaissait naturellement sur une partie du corps des élus, lesquels étaient des guérisseurs et non des êtres diaboliques. On en trouvaient en Wallonie, en Normandie et dans la Creuse.

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18:04 Écrit par Mes CHATS de RACE dans LEGENDES | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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