16/09/2008

Les Chats-Sorciers et les Bossus

 

Les Chats-Sorciers et les Bossus

 

Il y avait une jadis à Plévenon des chats-sorciers qui se réunissaient tous les soirs, à la croix du Meurtel, auprès de Château-Serin, ou à la croix de Gouéhas, sur la lisière de la Lande de Fréhel.

Ils dansaient en rond autour des croix en répétant toujours les deux mêmes mots :

 

Lundi, Mardi;

Lundi, Mardi;

 

Un bossu qui passa un soir auprès d'eux, entendant leur chanson, voulu l'allonger un peu et il cria :

 

Lundi, Mardi, Mercredi.

 

Et les chats-sorciers, tout joyeux, se mirent à répéter :

 

Lundi, Mardi, Mercredi.

 

Quand ils eurent dansé quelque temps, ils demandèrent les uns aux autres qui avait enrichi leur refrain :

"C'est moi, répondit le bossu, en quittant le fossé où il s'était caché.

- Ah! dirent les chats-sorciers, que ferions nous bien pour récompenser cet homme du service qu'il vient de nous rendre?

- Il faut, répondirent plusieurs voix, lui ôter sa bosse."

Les chats-sorciers applaudirent à cette proposition. En un clin d'oeil, cela fut accompli, et le bossu s'en retourna chez lui sans sa bosse, et aussi droit que s'il avait avalé une baïonnette.

Un autre homme de Plévenon qui avait sur le dos une grosse bosse dont il était bien marri, ayant entendu parler du service que les chats-sorciers avaient rendu au ci-devant bossu, vint le trouver et lui demanda comment il avait été rendu droit comme un mât de navire.

L'autre lui indiqua volontiers comment la chose était arrivée, et le bossu se rendit auprès de la croix.

Il y avait à peine une heure qu'il y était arrivé lorsqu'il vit les chats-sorciers qui marchaient sur deux rangs en répétant toujours les mêmes paroles :

 

Lundi, Mardi, Mercredi.

Lundi, Mardi, Mercredi.

 

Au moment où ils passaient près de lui, il cria :

 

Lundi, Mardi, Mercredi, Jeudi,

 

comme on lui avait recommandé de dire; les chats-sorciers répétèrent ces paroles, mais, s'apercevant que ce nouveau refrain ne s'accordait pas avec l'autre, ils sautèrent sur le bossu, et pour se venger, ils lui placèrent sur la poitrine la bosse qu'ils avaient ôtée à son voisin.

Et le malheureux s'en retourna chez lui semblable à Polichinelle, bossu par-derrière et bossu par-devant.

 

 

Conté en 1880, par Elie Ménard de PLévenon  

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